Une organisation idéale de la médecine, outre-Atlantique

Tant d’enthousiasme confond. Le monde merveilleux de la santé existe. Pierre Henri Bréchat l’a rencontré, aux Etats-Unis. Médecin de santé publique, il  décrit par le menu cette organisation qui résout tous les problèmes et n’a pas d’inconvénients affichés. On pourrait se gausser de cette candeur affichée mais malgré des zones d’ombre, cette description vaut le détour. Cet article passé inaperçu mérite d’être médité.

Pierre Henri Bréchat présente les organisations mises en place par Intermountain Healthcare en Utah et Stanford Health Care en Californie. Déserts médicaux, cas complexes, saturation des urgences, inégalités de santé, autant de maux bien connus ici qui ont trouvé une solution outre-Atlantique. Et en plus cela ne coute pas cher à l’usager qui est pris en charge de façon non discriminante via son assurance maladie, Medicaid ou Medicare et, si jamais, le patient n’a pas d’assurance, il paiera un forfait de 35 à 50 $ par prise en charge, radio et biologie incluse et 5$ pour les médicaments.

Ce système décrit comme « global, efficient et efficace » repose sur une organisation en quatre lignes s’appuyant sur des innovations organisationnelles. Et c’est là que la description dans le détail est instructive car faisant fi manifestement de toute structure pré existante paralysante, l’organisation  a dû  être créée from scratch et a donc pu dérouler une structure logique et graduée.

La première ligne est gérée par des assistants médicaux avec un médecin assistant formé à la médecine générale, la médecine du travail, la médecine du sport, la Protection Maternelle et Infantile (PMI) et la médecine scolaire. Un infirmier de pratique avancée s’occupe de la prise en charge populationnelle relevant de la santé et de l’action sociale avec une équipe d’assistantes sociales.

La deuxième ligne accueille les usagers ayant besoin de consultation en médecine générale, médecine du sport, médecine du travail, Protection Maternelle et Infantile (PMI) et médecine scolaire mais aussi de prise en charge urgente. Le médecin gagne environ 250 000 US dollars par an et le médecin assistant 120 000

La troisième ligne est multidisciplinaire et répond aux urgences. La salle d’admission ouvre sur trois « hubs » de consultation standardisés sur le même modèle et une salle commune de radiologie. Il y a un «  hub  » de consultations dédiées aux personnes âgées et aux usagers complexes, un autre dédié aux enfants et un autre aux urgences

La quatrième ligne repose sur les centres hospitalo- universitaires

Ce système fonctionne à merveille, mais deux questions se posent qui n’ont pas de réponse. Combien cela coute et comment passer d’une organisation existante à ce « modèle d’efficacité ». L’adaptation à la France telle qu’elle est proposée en conclusion parait un peu angélique. On attend la suite.

 

Journal de Droit, de la santé et de l’Assurance maladie n°22 2019 page 28 à 35

http://www.institutdroitsante.fr/download/jdsam-n22/?wpdmdl=5159

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