Pertinence des soins : mode d’emploi pour les patients

Depuis avril 2012, en partenariat avec nombre de sociétés savantes des Etats-Unis, l’American Board of Internal Medicine (ABIM) publie une série intitulée « Choosing Wisely *». Une visite sur le site permet en quelques clics de revoir l’origine, le développement et les premiers résultats de cette initiative professionnelle http://www.choosingwisely.org/.

Pour mémoire, on peut utilement relire l’édito1 (Choosing Wisely : helping physicians and patients make smart decisions about their care) que Christine Cassel - l’une des 20 scientifiques que le Président Obama avait nommé auprès de lui afin de le conseiller sur les questions scientifiques et technologiques - avait publié dans le JAMA en mai 2012, lors du lancement de la première campagne de Choosing Wisely (et non pas Widely !!).

 Au passage, on peut remarquer que cette campagne marquait, pour l’ABIM, une modification sensible de sa stratégie professionnelle (jusque-là plutôt arc-boutée sur la recertification temporaire « cognitive et sanctionnante » des médecins) en s’investissant davantage sur la pratique clinique quotidienne.  

Chacune des 70 sociétés savantes impliquées avait alors identifié « cinq examens complémentaires, procédures, ou traitements, communément utilisés et pour lesquels l’utilité peut être réévaluée et reconsidérée, autant par les patients que les médecins »; et tout cela avait alors été diffusé (sous des formes ultra résumées) aux médecins et plus largement médiatisé y compris sur des supports « grand public ».

Avec maintenant un recul de plusieurs années les résultats semblent mitigés, ce qui n’empêche pas une diffusion européenne du mouvement. (En France, la HAS s’est engagée dans une approche comparable sur la « pertinence des actes » à partir de données de l’Assurance maladie et de l’ATIH).

Relire les intentions initiales de Choosing Wisely est utile pour garder à l’esprit le double impact (comme l’indique explicitement le titre de l’édito de Ch. Cassel ci-dessus) qui était recherché : certes auprès des médecins prescripteurs ** mais aussi auprès des patients. Force est de reconnaître que les démarches auprès des malades et plus largement auprès de la population générale ont été plutôt discrètes et timides, ce qui explique sans doute les réductions très partielles de consommation médicale enregistrées.

Et pourtant des ressources existent.

En particulier un document d’accès aisé et d’origine américaine, fait immédiatement rentrer dans la pratique ceux qui s’intéresseraient à la PERTINENCE.

Ce document concerne les patients, consommateurs de soins.

Il est issu de la fameuse série que le JAMA avait lancé à la fin des années 90, un peu à titre expérimental, pour « voir » ; c’est la JAMA PATIENT PAGE. Dans chaque numéro du JAMA et à propos d’un des articles cliniques qui figure au sommaire, une page à visée pédagogique – détachable, photocopiable à l’époque, téléchargeable maintenant, est spécialement destinée au patient.

Dans le numéro du JAMA daté du 8 décembre 2015, la PATIENT PAGE est dédiée au HIGH-VALUE CARE**

  • La définition est simple et claire: the best care possible, efficiently using resources, and achieving optimal results for each patient.
  • Surtout les patients sont encouragés à poser systématiquement quatre questions à leur médecin, singulièrement au moment des prescriptions d’examens ou de traitement :

• What are the risks of tests or treatments ?

 • How will this test or treatment help me ?

• Are there any other options beyond what was just recommended ?

 • What would happen if I do not do anything ?

A lire et  appliquer !

*La version québécoise de Choosing Wisely (sous le vocable laborieux de « Choisir avec soin ») a été lancée. Le site dédié est https://choisiravecsoin.org/campaign/campagnes-par-pays/

** High-Value qui devrait se substituer au High-Volume et ainsi diversifier sensiblement les modes de rémunération des médecins ; on verra le rapport de JM Aubert …. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22492759

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